Quelques détails sur la fin du voyage...
Je reprends au Ghana, lorsque nous nous sommes rendu compte que l'on avait
bien pris notre temps sur la cote, tel que prévu par les hautes autorités
religieuses. La cote ghanéenne a été l'occasion d'apprendre à élise à faire
du surf, je lui ai montré deux trois trucs de pro que je connaissais. Si
vous lui posez la question, elle vous dira que c'est l'inverse, mais elle
dit ca pour se rendre intéressante. Bon, on a eu une petite panne de
démarreur, heureusement, on a toujours trouvé des côtes pour se garer, même
en plein centre ville d'El Mina ou nous sommes allé visiter l'ancien chateau
portugais pour notre premier site seeing du voyage.
Nous avons pris les petites routes vers le nord, en roulant sous la pluie,
dans la jungle hostile jusqu'a Kumasi, grande ville moderne et grouillante
ou nous avons passé la nuit. Le lendemain, la voiture a démarré, mais on
sentait déja la fin venir..
On a roulé comme des fous jusqu'au nord, pour dormir dans une petite ville
avant la frontière, dans un motel avec de la moquette verte sur les murs,
ambiance minigolf. Le lendemain, la voiture a démarré encore, mais
attendait, je ne dis pas ca pour rien, il y'a une chute.
Alors on part fièrement vers la frontière, croisant avec une émotion
palpable notre dernier contrôle policier ghanéen. Le policier veut m'envoyer
en court de justice, parce que je me suis arrêter APRES le barrage, et aussi
parce que c'est un gros con. Bref, son coeur d'ours a été touché par le
drame de ma vie, je lui ai tout raconté, mon enfance douloureuse, le depart
de mon pere, l'alcoolisme de ma mere, la rue, le pensionnat et il nous a
laissé partir en essuyant une larme.
Arrivé à la frontière, on laisse la voiture allumée en fermant les portes,
ce qui est rendu possible grace à un intelligent faux contact qui ne
m'oblige pas a laisser les clefs dans le contact, à condition que je mette
les warning. Mais au sortir du poste ghanéen, la voiture cale, et la
forcement, le démarreur ne marche plus, alors on pousse la voiture pour
passer la frontiere, c'est tres classe.
Bref, on arive au burkina faso, à Ouagadougou, ou on change le démarreur, et
on glande pas mal dans les supermarchés climatisés. C'est ensuite le départ
pour Bobo diolasso, ou nous avons gentillement été accueillis chez un couple
de volontaire.
Elise a été la première a craquer.
Des crampes au ventre, de la fièvre, je rigolais doucement, ah, ces
touristes, bref, je l'ai prise sous mon aile.
Le lendemain, elise allait mieux, mais je commence à sentir un peu de fièvre
à mon tour, un beau début de palu, au tour d'élise de me demander « mais
arthur, tu m'as pourtant dit que le palu c'était pour les tapettes ? ».
Quatre jours plus tard et 12 films sur l'ordi, nous soulevons nos vieilles
carcasses encore tremblantes pour continuer sur Ségou, qui est surement une
trés belle ville. Nous arrivons tard le soir et encore trés fatigué.
C'est aprés sur Bamako que nous continuons pour voire Sandrine et Hamed,
pour ceux qui suivent vraiment, Sandrine était une de mes muses de Mainé
Soroa. Bref, beaucoup de plaisir à les voir.
Quelques formalités administratives faites, nous continuons sur Nioro du
Sahel, la partie dure de la route, pleine de boue pouisqu'il a beaucoup plu
ces derniers jours.
C'est effectivement assez pourri sur 60 km qu'il faut bien deux heures pour
franchir. On rentre à nouveau dans la zone sahelienne qu'on avait quitté au
Niger. Nioro est une ville frontière, rien de splendide, mais on sent le
buisness illégal...les gamins sont assez chiants, on fait resouder le pots
d'échappement pour la deuxieme fois..
Le lendemain, nous nous dirigeons vers la mauritanie, entouré de plaines
vertes. La frontière ne paye pas de mine, le policier mauritanien change
aussi de l'argent..
Mais pas de douane ouverte, aucune indication donnée à ce sujet, et nous ne
déclarons donc pas le véhicule.
La route continue donc vers l'ouest, nous passons Aïoun el Atrous. Dans la
brousse, des tentes de nomades, avec des mercedes garées devant, quelques
falaise, une route superbe et déserte.
La saison des pluies a été trés forte et la route est coupée à plusieurs
endroits par l'eau. Nous sommes obligé de mouiller la voiture, et même
d'engager un guide pour passer les moments les plus durs. Dans le sable,
nous passons sans problème avec la 505 alors qu'autour de nous, des
voitures, des bus sont ensablés. Le village a été évacué, et nous passons
entre les tentes temporaires installées par les organismes humanitaires.
Nous continuons jusqu'à Kiffa ou nous passons la nuit.
C'est ensuite la route de Nouakchott, de longues descente dans la montagne,
puis le franchissement des dunes de sables aprés Aleg. Nous roulons sur
trois cylindre, une des bougies est encrassée.
Arrivé à Nouakchott, j'apprends avec surprise que Delphine, la fille que
j'ai remplacé sur le poste à Mainé est ici pour la fin de semaine. Je laisse
lachement élise malade à la case de passage afvp pour aller boire
(illégalement des bières) avec la belge et parler du bon vieux temps.
Voila Nouakchott, ville nouvelle batie il y'a a peu prés 50 ans, pas grand
chose à faire, la plage quand même, le port de pèche ou nous achetons de
bonnes langoustes.
A ce stade du voyage, l'état de la voiture me préoccupe un peu, elle
commence à fumer, alors que la segmentation a été refaite à Niamey, le pot
va bientôt nous lâcher. Le problème, c'est aussi que quoiqu'il arrive je
dois ramener la voiture en france, parce que je ne peux pas la laisser au
maroc. Je dois prendre le bateau pour la mettre à la casse aprés. Comme la
voiture n'a pas été déclarée à la douane mauritanienne, il n'est fait
mention de cette voiture nulle part sur mon passeport, ce qui aurait du être
le cas. Le marché du traffic des voitures est trés florissant ici, et les
propositions de rachat sont inscessantes. Je fini par aller sur le marché
aux voitures pour vendre la voiture. Aprés d'interminables dicussion,
bagarre, etc, j'en obtiens une somme correcte, un peu moindre que le prix
d'achat, mais bon ici ils ne sont pas fans des essence, et je peux meme
garder la carte grise !
Je l'ai laissé partir un sanglot à l'âme, puis on a filé en avion sur
Casablanca chez mon oncle et ma tante, bref, en terrain connu.
Nous avons fait pour la forme un petit tour au maroc, a marrakech, puis à
essaouira.
Elise est repartie hier soir, enfin, je dis reparti, mais vu les problèmes
que royal air maroc avait, j'espère que c'est vraiment le cas..
Moi je repars samedi sur paris, en avion finalement, pour découvrir le
nouvel appartement de mes parents, revoir mes soeurs, patarin, clore me
comptes avec l'AFVP au cours d'un mini stage de formation.
Je viens d'acheter mon billet aller simple pour le Québec, le 12
octobre...il me semble que la boucle est bouclée...
Je voudrais remercier pour cette performance psychologique :
- monsieur nescafé qui vend du faux café à des africains, mon corps est
maintenant composé à 0, 5 % de produit Nestlé, au moins.
- Tous les mangas de la planète, manga united will never be divided, one
world one brabusco
- Les hautes instances de l'association française des volontaires du
progrès. Le progrès de Mainé, c'est fini, ca c'est fait, vous pouvez rayer
ca de la liste.
- Elise martin qui a su me convaincre que la certitude de l'imminence de la
fin du monde n'est pas incompatible avec une action de développement sur le
long terme...ne serait ce que pour avoir bonne conscience.
- A ma mère, mon père, mes frères et mes soeurs, l'abbé pierre, soeur
thérésa, lech walesa, mike tyson, ghandi, je marche dans vos sentiers
fleuris vers un monde plus juste ou le pauvre pourra manger dans l'assiette
du riche (mais aprés, a cause de l'hépatite).



